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DE LA VILLE DE PARIS.
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[i558]
Et partant appert par led. scrutin que monsr me Martin de Bragelongne, Lieutenant particulier civil et criminel de la Prevosté de Paris, a le plus de voix pour Prevost, mons" Du Gué et monsr l'esleu Prevost, le plus de voix pour Eschevins; de quoy le Procureur general du Roy adverty forma une opposition à la Court, disant que lad. eslection avoit esté faicte de personnes de judicature qui ne po-voient estre receuz esd. estatz, suyvant l'edict du Roy f1) ; par quoy mess™ de la Court envoyèrent ung huissier en l'Hostel de la Ville pour faire commandement à Mess™ de eulx trouver en lad. Court; mais quant led. huissier vint, ilz n'y estoient plus, parce qu'il estoit trop tart, et aussi il avoit esté déliberé par Ie Conseil de la Ville que monsr de Charmeau, l'ung des scrutateurs, et le sire Claude Marcel yroient porter le scrutin au Roy pour en demander la confirmation. Et partirent led. jour après lad. eslection, et allerent coucher à Poissy en France, pour de là aller trouver le Roy à Compiengne ou à l'abbaye d'Orcan(2>.
Et le samedi ensuivant, xxe jour dud. moys > d'Aoust, retournerent lesd, scrutateurs en ceste Ville, et apportèrent les lettres du Roy, dont la teneur ensuit :
Lettres du Roy.
18 août.
A not trés chers ct bien amez_ les Prevost des Marchans et Eschevins de nostre bonne ville et cité de Paris.
De par le Roy.
«Trés chers et bien amez, nous avons entendu du seigneur de Charmeau, Marcel et Lescalopier, presens porteurs, et par le scrutin que nous avez envoyé, la resolution prinse en vostre Assemblée sur l'eslection des Prevost des Marchans et deux Eschevins de vostre Ville, ou lieu de ceulx qui ont faict
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leur temps ; sur quoy nous escripvons à nostre trés cher, feal et grant amy le Cardinal de Sens, Garde des Seaulx de France'3', nostre intention telle que vous entendrez de cesd, porteurs, ausquelz nous nous en remettons.
"Donné à Orcan, le xvnie jour d'Aoust mil v°
LVIII."
Signé : HENRY. Et au dessoubz : de l'aubespine.
Autres lettres de monseigneur le reverandissime et illustrissime Cardinal de Lorraine, dont la teneur
ensuit :
17 août.
A messieurs les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
"Mess™, le Roy ayant veu le scrutin et resolution prinse en vostre Assemblée sur l'eslection des Prevost des Marchans et deux Eschevins nouveaulx que luy avez envoyé par les presens porteurs, s'est résolu à ce que vous entendrez d'eulx, et renvoyé l'affaire a monsrle Cardinal de Sens pour recevoir au serment et admettre ceulx qui luy sont agreables, estant led. Sr fort conlant de ce que l'en avez ainsi adverty, et de l'honneste façon qui y a esté observée, vousprians estre asseurez que tout le plaisir que je pourray faire à vostre compaignée, je m'y emploiray de très bon cueur, comme je leur ay plus avant faict entendre, priant Dieu, Mess™, vous donner ce que plus desirez.
"De Orcan, le xvncjour d'Aoust mil vclvih." Votre bien fort bon amy, Cardinal de Lorr aune M.
Suyvant lesquelles lettres, et après avoir oy mess" les scrutateurs qui auroient declairé que le Roy avoit eu lad. esleclion pour agreable, excepté que, ou lieu dud. Du Gué seroit prins et receu sire Guillaume Larcher, comme ayantleplus de voix après led. Du Gué, et pour faire compaignée à sire Claude Marcel, parce
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<•' Le jour même de l'élection, les gens du Roi vinrent se plaindre au Parlement de ce que l'Échevinage sortant n'avait point notifié l'élection des nouveaux Prévôt des Marchands et Echevins, et déclarèrent qu'en vertu de l'ordonnance de 1547, Martin de Bra-gelongne, lieutenant particulier du Châtelet de Paris, qui venait d'être appelé au poste de Prévôt des Marchands, et Nicolas Du Gué, avocat du Roi à la Cour des Aides, élu échevin, étaient inéligibles, remontrant d'une part que le sr de Bragelongne pouvait à peine suffire aux exigences do sa charge, et que désordre et confusion résulteraient des conQits de prérogatives ou de juridiction fréquemment soulevés entre le Châtelet et la Ville, d'autre part, que le s' Du Gué, par la nature de ses fonctions, avait à s'occuper des appellations des sentences rendues en première instance par le Bureau de la Ville en matière d'aides et de gabelles, et qu'au lieu de tenir la main à la réformation des abus comme représentant du pouvoir souverain, il serait tenté de défendre les intérêts de la Villo (Arc/nues nationales, Parlement deParis.X1' 1589, fol. 210 r°).
(2' ll s'agit de l'abbaye d'Ourscamp (Oise), arr. de Compiègne, e°" de Ribecourt, e° de Chiry.
'-' Jean Bertrand, cardinal archevêque de Sens], qui occupa la charge de garde des sceaux du 12 juin 1551 au 2 juillet t56o.
(-> Louis de Lorraine, cardinal de Guise, qui devint ministre de François II.
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